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Ecriture

  • Divorce Party

    On s'aime, on se marie et ce sera pour la vie. Enfin, ça, c'est ce qu'on voudrait bien croire quand on passe devant monsieur le Maire. Pourtant, quelques années plus tard, changement de musique. Les assiettes volent et les cris envahissent la maison qui a vu grandir puis s'effondrer un si bel amour. L'heure du divorce sonne, chacun s'enfuit de son côté, on sépare les biens et on se bat même pour la garde du chien.
     
    Mais alors que certains plongent dans de compréhensibles déprimes, d'autres préfèrent au contraire fêter la fin de leur mariage au cours d'une 'divorce party'. Ce phénomène étonnant se développe de plus en plus aux Etats-Unis et trouve même quelques adeptes en France !
     
    Entourés d'amis et de quelques verres, le ou la jeune divorcé(e) découvre une façon originale de ne pas sombrer dans de douloureux souvenirs ou, pire, de noyer son chagrin devant sa chère télévision. Cette petite soirée permet de faire le deuil d'une période marquante de sa vie et d'aborder avec sérénité l'avenir et ce célibat retrouvé !  
    Et comme pour les mariages, on peut faire appel à une société spécialisée pour organiser l'évènement le plus réconfortant possible. Celle-ci leur proposera ainsi divers objets utiles ou futiles pour se défouler avec humour et enterrer son couple dans la bonne humeur…
     
    Le divorce pourrait donc bien perdre de son côté dramatique et devenir le passage obligé pour faire un peu plus la fête. Rupture pouvant désormais rimer avec plaisir, les histoires d’amour ne finiront peut-être plus aussi mal que le chantaient les Rita Mitsouko, il y a quelques années…



    Article écrit pour un atelier radio à l'université, sur le thème de la rupture

  • Comme un mauvais "sons et lumières"

    Quelle déception. Le spectacle s'annonçait bien, j'étais toute heureuse d'abandonner mon écran d'ordinateur pour une chouette soirée. L'introduction était beaucoup trop longue, mais il y a eu pas mal de mouvements, ce qui semblait annoncer une suite agréable. On se prend à rêver, 'ça va être grandiose'. Et puis, finalement, la patience n'est pas une mauvaise chose, ça commence. Des jeux de lumières. Des flashs. Mais pas de bruit. Etrange. Un "sons et lumières" sans aucune musique, c'est un peu de l'arnaque. Mais l'optimisme est là, alors, on espère que tout peut encore arriver. Finalement, comme un tambour, ou un orchestre sous acide, ça commence à se manifester. Une ou deux déflagrations impressionnantes, comme un bouquet final bien avant le tomber de rideaux. L'eau a fait son entrée dans ce triste numéro pseudo artistique. J'aurais regardé celle qui s'égoutte de ma douche, ça aurait été la même chose. Décevant. Quel ennui. Tout est ensuite devenu de plus en plus calme. Pas la moindre surprise, pas de péripétie. Je m'attendais à un grand moment, j'aurais voulu être impressionnée. Mais non.

    Je quitte la fenêtre des yeux. Pas besoin de scruter le ciel plus longtemps. Cet orage était nul ! 

     

    (texte à retravailler je pense) 

  • Au désespoir

    Petit texte écrit il y a quelques mois... En ce jour de St Valentin, ça me semble à propos même si la chute n'est pas forcément celle qu'on attend...

     

    Je savais que ce ne serait guère évident. Voilà deux jours que j’appréhende ce fatidique moment. Je guette, je surveille, mais je n’en oublie pas moins de profiter de chaque instant. Oh, bien sûr, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, mais à un tel point, jamais. Quand ce fut l’heure, j’étais perdue. Je ne pouvais y croire. Impossible. C’était fini. Pas d’issue. Je devais passer à autre chose. Mais comment oublier tous ces agréables moments ? Je l’admirais, je la comprenais, et voilà, on s’abandonne. On se reverra un jour, peut-être, quand j’aurai laissé l’eau couler sous les ponts, que j’aurai un peu oublié. Ce soir, j’ai décidé d’être triste, et je n’aurai pas à me forcer. Comme il est dur de tourner la page parfois.

    Voilà, j’ai terminé mon livre, et c’est affreux.

  • Les contes de fée ne sont plus ce qu'ils étaient...

    Dans les contes de fée de notre enfance, les crapauds rencontrent toujours, par un formidable hasard, de belles et riches demoiselles et d'un doux baiser, deviennent de charmants princes sans défauts. La suite, vous la connaissez aussi bien que moi. Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

     

    (L'émotion vous gagne, les larmes coulent.)

     

    Mais stop ! Je vous arrête tout de suite. Dans la vraie vie, nos chers amphibiens n'ont pas de si incroyables destinées. Les princesses des temps modernes sont plutôt du genre à baver devant des pop stars au talent incertain ou des mannequins au QI d'huître. Quant aux crapauds, vous aurez le bonheur de les voir stagner dans des étangs pollués ou s'éclater dans de glauques laboratoires. Bref, rien de bien transcendant.

     

    Mais parfois, loin du pays des nénuphars, justement dans l'un de ces inquiétants repères à savants fous, on trouve de sympathiques bestioles verdâtres. C'est le cas de Charlotte, une jeune et élégante grenouille, qui passe ses journées à refaire le monde dans son ridicule bocal en verre. Sa famille a succombé à une expérience douteuse et depuis, elle tourne en rond, attendant une nouvelle compagnie pour parler de la pluie et du beau temps.

     

    Un jour, alors qu'elle comptait pour la énième fois jusque 995653, elle aperçut son vieux scientifique à lunettes préféré déposer un bocal à quelques mètres d'elle. Curieuse, mais surtout ravie de l'animation que pouvait apporter un nouveau pensionnaire, elle scruta la prison transparente et découvrit avec stupeur son locataire.

     

    Autant qu'un batracien peut l'être, un magnifique crapaud la fixait de ses yeux globuleux. Leurs regards se croisèrent et le temps sembla s'arrêter, comme dans tout bon film à l'eau de rose. Aucune petite musique ne se mit en route, mais on devinait le coup de foudre. Charlotte en resta sans voix. Ceci ne posait pas problème car de toute façon, une grenouille, ça ne parle pas.

     

    Les jours passèrent et nos deux amphibiens restaient collés aux parois de leurs bocaux pour avoir tout loisir de se contempler. Il faut dire qu'ils n'avaient pas non plus grand-chose d'autre à faire. Finalement, le scientifique, pas si timbré que ça, se rendit compte de leur étrange manège et dans un immense élan de générosité, les fit placer dans un superbe bocal tout confort. Ce n'était probablement pas un château mais Charlotte et son amoureux, Théodore de son petit nom, étaient fort heureux ainsi. Leur coup de foudre ne leur apporta pas la liberté, faut pas abuser non plus, mais ils furent l'objet d'une étude très poussée sur les histoires d'amour chez les batraciens et de nombreux magazines relatèrent leur passionnante vie. On ne put jamais expliquer ce coup de foudre, mais une chose est sûre, de nos jours, les contes de fée ne sont plus ce qu'ils étaient…

     

    Si vous cherchez une vraie morale, il n'y en a pas.

     

    (Nouvelle écrite le 28 Novembre 2005 par moi-même pour l'atelier écriture du magazine Mood et faisant au final partie des deux sélectionnées par l'équipe de leur site).